Les 11 et 12 octobre 2025 resteront longtemps gravés dans ma mémoire de golfeuse. Non seulement parce qu’ils marquent la fin de ma saison, mais surtout parce qu’ils symbolisent un véritable retour à la compétition, après plusieurs mois d’incertitude, de rééducation et de patience. Ce week-end-là se jouait le Grand Prix de la Ligue de Normandie, au magnifique Golf de Caen la Mer, et sans le savoir encore en arrivant sur place, j’allais y vivre l’un des moments les plus forts de ma carrière sportive.
Ce tournoi avait une saveur toute particulière. Quatre mois auparavant, j’étais sur une table d’opération pour une intervention chirurgicale au poignet, une étape difficile, physiquement comme mentalement. Reprendre les tournois, retrouver les sensations, la confiance, la compétitivité… rien n’était acquis. Et pourtant, au terme de deux jours de jeu, je m’impose avec des cartes de 73 (+2) et 68 (-3), remportant le Grand Prix avec 4 coups d’avance, face à un champ de 15 participantes. Plus encore, je signe le premier tournoi de ma carrière terminé en score négatif. Un moment fondateur.
Un contexte particulier : reprendre après une opération
Revenir à la compétition après une opération du poignet n’est jamais anodin pour une golfeuse. Le poignet est au cœur du swing, du contrôle de la face de club, du toucher autour des greens, et bien sûr du putting. Pendant les semaines suivant l’opération, les interrogations étaient nombreuses :
– Est-ce que je retrouverai toutes mes sensations ?
– Est-ce que je pourrai frapper sans appréhension ?
– Combien de temps faudra-t-il pour être de nouveau compétitive ?
La rééducation a été progressive, exigeante, parfois frustrante. Il a fallu accepter de ralentir, de reconstruire étape par étape. Les premières balles tapées ont été prudentes, presque timides. Puis, petit à petit, le swing est revenu, plus fluide, plus maîtrisé. Cette pause forcée m’a aussi permis de prendre du recul sur mon jeu, de travailler différemment, et surtout de revenir avec une motivation intacte.
Le Grand Prix de Normandie représentait donc bien plus qu’un simple tournoi : c’était un test grandeur nature, une validation de tout le travail effectué depuis l’opération.
Le Golf de Caen la Mer : un cadre idéal
Le Golf de Caen la Mer offrait un décor parfait pour ce dernier rendez-vous de la saison. Le parcours, exigeant mais juste, demande une vraie qualité de mise en jeu et une bonne gestion stratégique. Les fairways bien dessinés, les greens défendus et les zones de retombée parfois piégeuses obligent à rester concentrée du premier au dernier trou.
La météo a été tout simplement exceptionnelle pour un mois d’octobre en Normandie. Deux journées baignées de soleil, très peu de vent, des températures agréables : des conditions idéales pour produire du beau jeu. Ces conditions ont clairement contribué à la qualité globale du tournoi et à la possibilité de scorer.
Un champ relevé et une belle ambiance
Nous étions 15 participantes, toutes motivées et prêtes à en découdre pour ce Grand Prix de la Ligue. Malgré l’enjeu, l’ambiance est restée conviviale et respectueuse, fidèle à l’esprit du golf. Chaque partie était l’occasion d’échanges, d’encouragements, mais aussi d’une saine rivalité sportive.
Pour ma part, j’abordais ce tournoi sans objectif de résultat précis. Mon but principal était simple : jouer libérée, écouter mes sensations, et voir où mon jeu me mènerait. Cette approche, sans pression inutile, a été l’un des éléments clés de mon week-end.
Jour 1 – 73 (+2) : un jeu solide et beaucoup de promesses
Dès l’échauffement du premier jour, les sensations étaient bonnes. Le swing était fluide, sans douleur, et surtout sans appréhension. Un soulagement immense. Sur le parcours, cela s’est immédiatement traduit par un excellent grand jeu.
Une mise en jeu très rassurante
Tout au long de la première journée, les mises en jeu ont été un vrai point fort. Les drives étaient bien centrés, avec une trajectoire maîtrisée, me laissant de nombreuses attaques de green confortables. Après plusieurs mois loin de la compétition, retrouver cette qualité de frappe a été extrêmement rassurant.
Les fers ont également répondu présents. Beaucoup de greens touchés en régulation, des distances bien contrôlées, et une vraie constance du premier au dix-huitième trou. Le travail effectué pendant la rééducation et la reprise portait clairement ses fruits.
Un putting encore perfectible
Si le score de 73 (+2) est solide, il aurait pu être encore meilleur. Le putting, sans être catastrophique, est resté en deçà de mes attentes. Plusieurs occasions de birdie n’ont pas été concrétisées, parfois de très près. Le toucher sur les greens manquait encore de précision, sans doute à cause d’un léger manque de repères après plusieurs mois sans compétition.
Malgré cela, j’ai su rester patiente, accepter les putts ratés et continuer à produire du bon golf. Cette capacité à ne pas m’énerver a été déterminante pour la suite du tournoi.
Une position idéale pour le deuxième jour
À l’issue de cette première journée, je me positionne dans le haut du classement. Rien n’est encore joué, mais je sais que le jeu est là. Le plus important est surtout cette sensation retrouvée : je suis capable de jouer à nouveau mon meilleur golf, même après une longue interruption.
Jour 2 – 68 (-3) : une très belle journée
Le deuxième jour restera sans aucun doute comme l’un des meilleurs tours de ma carrière. Partir avec une carte de +2 et savoir que le jeu est solide donne une vraie confiance. L’objectif est simple : rester dans le même état d’esprit, sans se projeter sur le résultat final.
Un départ en confiance
Dès les premiers trous, je sens que quelque chose de spécial est en train de se passer. Le rythme est bon, la lecture de jeu est claire, les décisions sont justes. Le grand jeu est encore une fois exceptionnel. Je trouve les fairways, j’attaque les greens avec agressivité mais intelligence, et je me donne de nombreuses chances de birdie.
Même si le putting reste perfectible, je réussis cette fois à en convertir suffisamment pour faire baisser le score. Les birdies s’enchaînent, et surtout, les erreurs sont quasi inexistantes.
Une gestion mentale exemplaire
Ce qui m’a le plus marquée sur ce tour, c’est la qualité de ma gestion mentale. À aucun moment je ne me suis laissée envahir par le stress ou l’excitation. Chaque coup était joué indépendamment du précédent. Cette sérénité est probablement le fruit de l’expérience, mais aussi de ces mois de recul imposés par l’opération.
Signer une carte de 68 (-3), c’est déjà une immense satisfaction. Mais le symbole est encore plus fort : c’est le premier tournoi de ma vie que je termine en score négatif. Un cap franchi, une barrière mentale définitivement levée.
Une victoire avec 4 coups d’avance
Au terme des deux jours, je remporte le Grand Prix de la Ligue de Normandie avec 4 coups d’avance. Une marge confortable, qui reflète la régularité et la qualité du jeu sur l’ensemble du week-end.
Gagner un tournoi est toujours un moment particulier. Mais gagner le tournoi de reprise, après une opération, dans ces conditions, donne une saveur toute différente à cette victoire. Ce succès est avant tout une victoire sur le doute, sur la patience imposée, et sur la peur de ne pas revenir au même niveau.
Analyse du jeu : des bases très solides
Un grand jeu de très haut niveau
S’il y a un point extrêmement positif à retenir de ce tournoi, c’est sans aucun doute la qualité du grand jeu sur les deux jours. Mise en jeu, fers, contrôle des trajectoires : tout était en place. Cette solidité est un énorme atout pour la suite, car elle constitue la base de la performance.
Un putting encore perfectible
Paradoxalement, malgré un score final très bas, le putting reste un axe de progression. De nombreux birdies ont été laissés en route, ce qui laisse entrevoir un potentiel encore plus élevé. Avec un putting plus affûté, les scores pourraient être encore plus impressionnants.
C’est un point très encourageant : gagner malgré un putting moyen prouve que le reste du jeu est extrêmement solide.
Une météo idéale pour conclure la saison
Il est impossible de ne pas souligner la qualité exceptionnelle des conditions météo. Jouer deux jours de suite sous le soleil, sans vent excessif, sur un parcours parfaitement préparé, est un vrai luxe en octobre. Ces conditions ont permis à toutes les participantes d’exprimer pleinement leur jeu et ont largement contribué à la réussite de l’événement.
Une saison qui se termine sur une note parfaite
Ce Grand Prix marque la fin de ma saison 2025, et quelle meilleure façon de la conclure ? Après des mois compliqués, ce tournoi vient confirmer que le travail, la patience et la persévérance paient toujours.
Revenir à la compétition, gagner, signer un score négatif, et ressentir autant de plaisir sur le parcours : tout était réuni pour faire de ce week-end un moment inoubliable.
Et maintenant ?
Cette victoire au Golf de Caen la Mer est bien plus qu’un trophée. Elle est une base solide pour l’avenir. Elle donne confiance, elle motive, et elle rappelle pourquoi j’aime autant ce sport. La suite se construira avec humilité, mais avec une certitude : le niveau est là, et le potentiel est immense.
Je termine cette saison très fière, très reconnaissante, et surtout très heureuse de ce retour à la compétition. Un immense merci à la Ligue de Normandie, au Golf de Caen la Mer, et à toutes les participantes pour ce magnifique week-end de golf.
Rendez-vous la saison prochaine, avec encore plus d’envie, de détermination… et de birdies.


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